Un américain parapluie

C94iwXoXoAEp45D.jpgC’est un amoureux intransigeant de Jazz. Elle est apprentie actrice. Ils se rencontrent un soir dans la Cité des Stars…

La la land de Damien Chazelle s’impose comme un film générationnel fort, au même titre que Drive dont il partage la principale vedette masculine. Comédie romantique teintée de Musical et d’amour impossible, le film se veut le miroir d’un monde culturel où tout cohabite : la comédie musicale US, sa ré-interprétation Made in France, le Jazz, une reprise de Ah ah et les smartphones. Tout semble se mélanger de façon fluide. C’est en apparence la célébration de notre époque Spotify-Google

Sauf que lui veut sa cave de jazz et le mystère d’une musique secrète, au coeur de la nuit Noire et appréciée d’une poignée de plus en plus clairsemée de mélomanes. Tandis qu’elle veut les paillettes d’une vie riche et superficielle. Bref entre eux, c’est le jour et la nuit. Au delà du discours sur le show Vs business, qui fait régulièrement le sujet à peine caché de certaines oeuvres US, il y a bien quelque chose qui ne fonctionne pas entre eux et dans ce monde apparement si fluide et idyllique. A la communauté amoureuse, le film oppose l’individualisme.

Les regards de chien battu de Gosling, l’alchimie parfaite avec sa partenaire, la sublime Emma Stone repérée il y a déjà 10 ans dans Superbad, le travail sur les couleurs, les musical numbers, la façon de capter la nuit… Après le gentillet-mais-faut-pas-pousser Whiplash, qui disait l’amour du Jazz mais peinait à faire vivre « un monde autour », Chazelle cristallise ici, au delà d’une rencontre désenchantée, l’agrégat culturel de notre époque. Ce monde là, le film le dessine aussi bien qu’il le questionne. Dans les années 70 et 80, la culture et le cinéma étaient encore des questions sociales centrales. Il fallait se battre pour ne pas rester KO. Et selon ce que l’on choisissait, Johnny Cash ou Halliday, Mozart ou Sheila, tendait à vous définir au sein du groupe. La culture était une quête en soi. Aujourd’hui, tout est virtuellement accessible mais le savoir et le partage n’est plus la question. C’est pour moi le message sous-jacent de La la land.

Après la déception Marc Webb, la disparition de Craig Brewer, le meh Baumbach et en attendant de revoir Dunham post Girls,  Chazelle trouve toute sa place, avec Jake Paltrow et JC Chandor, sur mon radar US.

S.T.

A voir

Les Parapluies de Cherbourg, Jacques Demy, 1964.

Singing in the Rain, Stanley Donen & Gene Kelly, 1952.

United Airlines, Take me along, Michael Cimino, 1967.
500 Days of summer, Marc Webb, 2009.
The Fabulous Baker Boys, Steve Kloves, 1989.
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