Notes sur Okja

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No Totoro
La dernière fable de Bong Joon-ho compare in fine l’impérialisme US au nazisme (le petit porcelet que ses parents font échapper de l’abattoir), retourne et prolonge à la fois les motifs de The Host (la petite fille était prisonnière de la bête, motif de l’occupant américain) et, comme à l’habitude de son réalisateur, le ton évolue avec une facilité déconcertante : de Belle et Sébastien, on passe à la pantalonnade écologiste sur le mode 12 Monkeys pour finir sur No Logo. Le début est formidable et family friendly, avec une photo superbe et un cadrage d’une grande fluidité, le milieu plan plan et la fin glaçante, loin du bucolisme initial.

Ces cochons de Netflix
Concernant la « chronologie des médias » aujourd’hui complètement obsolète, voir un film aussi vif débouler immédiatement sur Netflix est assez réjouissant.

Cela fait 2 mois et demi que j’attends la dispo de la dernière comédie de Ridley Scott, à savoir Alien Covenant. Je suis prêt à payer pour ça mais quelqu’un a décidé, quelque part, que euh, il fallait attendre. Attendre. J’ai beau être un « Xennial », selon la dernière nomenclature en vigueur, ayant attendu des années la sortie de films eighties au vidéoclub de mon quartier, pas sûr que dans 6 mois je sois encore disposé à payer la somme que je suis prêt à mettre en ce week-end du 14 juillet. Idem pour le dernier James Gray, que j’achèterai de toute façon en blu-ray.

On a passé un cap il y a 17 ans avec l’effondrement des tours. Mais ça, certains ne l’ont pas encore bien digéré. Economiquement parlant, si ce n’est pas disponible tout de suite sur le digital, c’est mort, dead, over cramé. Perte de business. Perte de temps, perte d’intérêt. Quand je vois Logan débouler sur des canaux payants plus d’un mois après la dispo du RIP HD, j’ai l’impression qu’on me refile un rerun moisi de Madame est servie. C’est aussi ça la roublardise d’Okja et de sa mise à disposition immédiate sur le marché. Le cochon, c’est le film lui même, que l’on va chercher en Corée pour faire « global », pour faire auteur, pour faire cool (choisissez l’adjectif qui convient le mieux). Complice comptable de cette gentille et parfois mordante critique, Netflix compte là dessus pour développer son attractivité en titillant le désir de digital coolitude des Y et des Z. Parce que globalement, on est en 2017. Et comme dans The Host et Snowpiercer, le film se termine en demie teinte sur la mort de plusieurs et la naissance d’un seul.

S.T.

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