Cinéma

« A mi-chemin », balade nocturne

A mi-chemin

Un homme se fait renverser.  Il a rendez-vous avec  la ville de son enfance. En apparence, tout va bien. Mais le jour bascule… Sélectionné en février dernier dans le cadre du Cinéma de poche de la Cinémathèque, « A mi-chemin » marque les premiers pas de la société Nocturnes Productions dans le domaine de la fiction après s’être rodée aux documentaires. Son réalisateur Arnaud Bénoliel, accompagné des producteurs Olivier Bohler et Raphaël Millet, nous en dit un peu plus sur cette élégante promesse de 22 minutes, marche élégiaque et funèbre d’une remarquable fluidité.

Sylvain Thuret : Une présentation de vous même en quelques mots ?
Arnaud Bénoliel – Auteur et Réalisateur. J’ai grandi à Aix-en-Provence où a été tourné « A mi-chemin ». Après avoir fait le conservatoire d’art dramatique de Marseille, j’ai d’abord travaillé au théâtre comme acteur, avant de faire des études de cinéma à Paris. J’ai travaillé ensuite comme photographe et scénariste. « A mi-chemin » est mon deuxième court métrage ; le premier, « Soir bleu » avec Julien Baumgartner, Claire Aimard et Caroline Beaune est sorti en 2007. J’écris en ce moment mon premier long métrage en tant que réalisateur.

Olivier Bohler – Producteur, Scénariste et Réalisateur des documentaires « Jean-Luc Godard, le désordre exposé », « Sous le nom de Melville »…  Je suis également originaire d’Aix-en-Provence, où j’ai fait des études de Lettres Classiques, puis de cinéma. C’est là que j’ai rencontré Arnaud, alors qu’il travaillait déjà à l’écriture de son premier court métrage, « Soir bleu ». Avec Raphaël Millet, nous avons créé Nocturnes Productions en 2007. Nous produisons et réalisons essentiellement des documentaires sur le cinéma, et « A mi-chemin » marque notre entrée dans le cinéma de fiction.

Raphaël Millet – Producteur, Réalisateur de « Pierre Schoendoerffer, la Sentinelle de la Mémoire« , « Sous le nom de Melville »Du trio, je suis le seul à ne pas être Aixois. Je viens de Loire-Atlantique, et j’ai fait mes études supérieures à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Mais je me souviens très bien de mon premier séjour à Aix-en-Provence en juillet 1994 : la beauté de la lumière très particulière du pays aixois m’avait saisi. J’ai été très heureux de retrouver cette luminosité si belle dans le début du film d’Arnaud, et les tous premiers jours de tournage ont été un vrai plaisir car c’était, pour moi, renouer avec une impression presque « originelle ».

Laurent Lucas interprète Samuel

S.T.: Votre film suit l’errance d’une figure mystérieuse déambulant dans un parc après avoir subi un choc. Un choc littéral avec un accident de voiture et un autre, plus cérébral avec les souvenirs de sa jeunesse. D’où vous est venu l’idée de cet homme ?
A. B. : La première image qui m’est venue est celle qui clôt le film : des étincelles disparaissant dans l’obscurité. Je savais que ce serait la toute dernière vision d’un homme en train de mourir.
Le personnage est né comme ça. Les éléments qui composent le film ont ensuite convergé naturellement – notamment l’idée du retour sur les lieux de son passé. Je voulais faire un film sur les derniers instants de cet homme, en imaginant qu’à l’approche de la mort, son regard sur ce qui l’entoure et sur la vie qu’il a menée devient plus intense, se défait de ses habitudes, se renouvelle. Il s’agissait de faire exister les souvenirs de cet homme, de les rendre presque palpables en les mesurant à sa vie actuelle. Mettre en place des allers-retours constants entre son présent et son passé, mais sans utiliser de flash-back, en essayant de travailler sur la suggestion. Je suis fasciné par le passage du temps, la manières dont les moments passés deviennent comme une illusion – c’était le lien entre ces éléments et la mort qui m’intéressait.

S. T. : Laurent Lucas interprète cet homme. C’est un acteur que l’on a notamment vu chez Dominik Moll (« Harry, un ami qui vous veut du bien », « Lemming »), Bertrand Bonello (« Tiresia »), Du Welz (« Calvaire ») et Carax (« Pola X »). Il était glaçant dans « Violence des échanges en milieu tempéré » de Jean-Marc Moutout. Comment l’avez-vous approché pour ce rôle ? Et comment avez-vous choisi l’interprète du jeune homme croisant sa route ?
A. B. : Laurent Lucas est quelqu’un dont je suis le travail depuis ses premiers films. D’ailleurs nous parlions souvent de lui avec Olivier, bien avant de nous engager ensemble sur un projet.
Je trouve qu’il apporte une présence singulière et forte dans le cinéma français. Nous lui avons envoyé le scénario, ainsi que mon premier film, car il est le seul acteur auquel j’ai pensé pour le rôle. Samuel, son personnage, est un homme silencieux qui ne communique pas aux autres ce qui lui arrive. Je cherchais quelqu’un qui puisse exprimer avec intensité une vie intérieure, en se passant de mots, voire en disant des choses contredisant ce qu’il traverse. Laurent est un acteur que l’on peut regarder penser, ce qui est rare. Et bien sûr, il y a la dimension physique du personnage, cette dégradation progressive de la mort au travail qui est au premier plan.
Il a apporté énormément et s’est beaucoup impliqué. A l’évidence mon film n’aurait pas été le même sans lui. Pour le rôle d’Axel, interprété par Garlan Le Martelot, nous avons fait un casting et rencontré pas mal de jeunes acteurs entre Paris et Aix. Je cherchais quelqu’un dégageant une certaine innocence – comme un ange de la mort. On savait aussi que Laurent jouerait dans le film quand nous avons commencé le casting et je cherchais, non pas une ressemblance – ce qui aurait été conventionnel – mais une certaine correspondance entre eux, notamment dans le regard, afin qu’il se passe quelque chose quand on les voit ensemble. Je trouve que Garlan réunit toutes ces qualités. Nous avons fait plusieurs répétitions ensemble qui ont beaucoup apporté. Il y a en lui moins de désinvolture que ce que j’avais imaginé initialement. Grâce à la douceur et à l’attention qu’il dégage, les scènes marchent finalement mieux comme cela.

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S. T. : L’action se situe dans un parc, que par ailleurs je connais bien. Vous arrivez à donner à ce lieu une dimension fortement mystérieuse et onirique.
A. B. : C’est drôle que vous le connaissiez. C’est un parc que je connais depuis longtemps et dans lequel j’ai mes propres souvenirs. J’ai pris de nombreuses photos après avoir terminé le scénario, d’abord seul puis avec Denis Gaubert, le chef opérateur du film, avec qui j’avais déjà travaillé sur « Soir bleu ». L’esprit des lieux étaient très important – l’idée de l’exploration à la fois spatiale et mentale. Le parc devait pouvoir évoquer les sensations de mon personnage et refléter son évolution physique et intérieure. C’est un peu un décor-cerveau et ce parc contient des espaces assez différents les uns des autres pour correspondre aux différentes étapes que franchit le personnage dans le récit. Je crois que le passage du jour à la nuit est pour beaucoup dans l’atmosphère que vous décrivez, et nous avons cherché à suivre pas à pas sa progression pour faire sentir le cycle du temps tout en travaillant principalement en lumière naturelle. C’est l’idée très simple que la nuit progresse comme ce personnage s’éteint. Dans la journée le parc est comme une scène de théâtre, où les passants font leurs entrées et leurs sorties. Avec la nuit, il prend un autre visage – le théâtre social de la journée disparaît et d’autres choses se révèlent, plus secrètes et mystérieuses. Samuel est un homme qui toute sa vie a joué un rôle, s’est fabriqué une identité, comme un acteur. Il porte un costume et un masque. En faisant ce voyage à travers le parc, il descend plus profondément à l’intérieur de lui même. Ses masques tombent. A l’approche de la mort, il regarde le monde comme s’il le voyait pour la première fois.

S. T. : Votre film se situe à « mi-chemin » d’un cinéma Français réaliste et plus singulier, qui tend vers la rêverie en effleurant l’espace mental de cet homme. On peut penser à des choses comme « Le Dormeur du val », à certains épisodes de « La Quatrième dimension », ou bien encore au Coppola de « Peggy Sue… ». Lors de la diffusion de votre court à la Cinémathèque, vous avez brièvement évoqué Lynch. Etes-vous conscient que votre court-métrage occupe un sillon assez rare en France aujourd’hui ?
A. B. : Au début du film on reste avec une approche réaliste. Je voulais que Samuel soit d’abord vu avec une certaine distance, ce qui correspond à sa façon d’être. L’intention était de se rapprocher progressivement de son point de vue, scène après scène, pour ensuite basculer vers autre chose et plonger au cœur de ses émotions. Une idée importante était que les souvenirs, les sensations et les impressions qui remontent à la surface – en même temps que l’hémorragie interne progresse – sont pour lui de l’ordre de l’incommunicable. Il ne peut pas les formuler, c’est une part secrète, voire refoulée de lui-même. Mais j’espérais faire ressentir ce qui est de l’ordre du non dit. Quand on regarde les choses de l’extérieur elle peuvent sembler normales, habituelles, quand on les regarde « de l’intérieur », en épousant la perception d’un personnage – elles se colorent d’étrangeté, et on décolle légèrement du réalisme.

La musique de Chris White apporte beaucoup à cette dimension intérieure du film. Nous l’avons enregistré dans son studio à Londres. On commence avec de longues nappes que Chris crée à partir de plusieurs couches d’instruments et de sons, qu’il enregistre avant de les retravailler, de les transformer. Elles sont très riches, très organiques, il se passe plein de choses à l’intérieur. Puis au cours du film quelques notes de piano commencent à émerger, et forment progressivement une mélodie – comme ce qui est en train de renaître en Samuel.

Je repensais à certains romans ou nouvelles de James Joyce dans lequel un personnage a soudainement une révélation personnelle, une épiphanie qui remet brutalement en perspective la vie assez banale qu’il a mené jusque-là – comme par exemple à la fin de « The Dead » – et à la manière dont son écriture fait ressentir au lecteur ces gouffres intérieurs. Il y avait aussi « Time Out of Mind », l’album de Dylan dans lequel un narrateur hanté erre entre deux mondes, ou encore certains poèmes de Yeats.

Le Parc de la Torse

Un autre moteur du film est le contraste entre les conséquences de l’accident et l’énergie de la jeunesse, de l’été. Après avoir écrit le scénario j’ai trouvé des photographies de Ryan McGinley dont le sujet est une fête similaire à la notre, avec des feux d’artifice. Il y a dedans cette énergie que je cherchais ; j’ai pu les montrer à l’équipe. J’ai aussi repensé à certains films qui parlent de la jeunesse – qui ont cette saveur. C’est paradoxal, parce que le personnage principal n’est plus jeune justement. Je ne sais pas si on peut parler d’influence mais j’ai été très impressionné par la série de films de Gus Van Sant sur ce thème, « Gerry », « Elephant », « Paranoïd Park ». J’aime aussi beaucoup « L’eau froide » d’Olivier Assayas.

S. T. :La grande fluidité visuelle et narrative du film étonne. Une élégance mêlée au genre que l’on pourrait rapprocher de la série « Les Revenants, » qui vient d’être primée aux Etats Unis.
A. B. : Je ne l’ai pas encore vue, mais j’en ai entendu du bien !

S. T. : Vous transférez l’action d’un personnage à un autre. La position du personnage central, d’abord occupée par le jeune homme insouciant, devient cet homme mystérieux. Ce transfert de perspective est plutôt rare. Autre détail participant à l’étrangeté de votre court : lorsque ce personnage parle à sa femme au téléphone, on entend toujours la voix de son interlocutrice lorsqu’il laisse tomber ce même téléphone. C’est une idée brillante, qui permet de basculer dans le doute. Comment et pourquoi avez-vous travaillé ces effets ?
A. B. : Cela accentue sa solitude et son épuisement, et ça creuse l’écart qu’il y a entre eux. Il a déjà entendu ces reproches, il les connaît. La voix au téléphone l’enveloppe, elle semble très proche, ce qui permet d’entrer encore un peu plus dans son espace mental. A la fin, ces phrases peuvent devenir l’expression de ses regrets, sa culpabilité. C’est Christine Citti qui interprète l’épouse de Samuel. Je l’avais vu dans Mademoiselle Julie au théâtre. Nous avons enregistré sa voix au téléphone avant de tourner la scène pour que Laurent puisse l’écouter avant la prise. C’était moi qui lui donnais la réplique à l’autre bout du fil et ça ne devait pas être des conditions de travail très confortables ! Pourtant l’enregistrement était déjà incroyablement fort en lui-même. Elle a apporté cette douceur et cette fêlure à la scène.

S. T. : Le jeune homme peut-il être considéré comme un double, un rêve du personnage central ?
A. B. : Je dirai qu’il peut refléter une part de lui-même qu’il a oubliée, peut-être même celui qu’il aurait voulu être à cet âge. La scène où ils sont assis côte à côte sur l’herbe m’intéressait par son ambiguïté : un échange sincère a lieu entre eux et en même temps, Samuel parle à celui qui vient de le tuer, même s’ils n’en ont pas conscience.

S. T. : Vous semblez être doué pour provoquer un sentiment de trouble avec pas grand chose : peu de dialogues, de personnages et d’action. Or c’est très difficile d’arriver à ce genre de résultat.
A. B. : Pour « A mi-chemin », ça m’intéressait de travailler sur la durée des plans tout en restant dans un mouvement presque constant. L’utilisation du steadicam – qu’on voulait discrète – participe à ce sentiment de découverte, d’étrangeté et de rêve – ce côté flottant où les mouvements d’un visage, d’un corps ou d’une pensée sont prolongés par un mouvement de la caméra. La lenteur a une connotation un peu négative et trompeuse. Je crois que la durée -si on ne va pas trop loin- peut donner de l’intensité aux scènes, qu’elle permet au film de rentrer dans l’esprit du spectateur. Tout comme les plans subjectifs que j’utilise, c’est un choix qui se fait aussi bien au moment du tournage qu’au montage et c’était une interrogation constante que nous avions avec Aurélien Manya qui a monté le film. C’est aussi une question de goût, mais je crois que dans certains cas le temps peut paradoxalement sembler s’écouler plus vite que lorsqu’il y a une volonté de vitesse affichée. La perception du temps et de l’environnement se transforme – ça permet de renouveler son regard sur les choses, même les plus ordinaires.

S. T. : Avec quel matériel avez-vous filmé ? Quelle fut la durée du tournage ?
O. B. : Nous avons longuement réfléchi à l’utilisation du 35mm avant de choisir le numérique pour des raisons de budget et de souplesse d’utilisation, tant au moment du tournage qu’en post-production. Denis Gaubert a donc utilisé la Red One, avec une journée à deux caméras pour un champ /contre-champ un peu complexe, afin de permettre aux acteurs de vraiment jouer ensemble. Le tournage avec les comédiens a duré cinq jours.

Il y a eu une journée supplémentaire en équipe réduite pour filmer la vie du parc, et encore deux jours où il ne restait plus qu’Arnaud et Denis pour des images de nature ou d’étincelles de feux d’artifices.

S. T. : Comment avez-vous pu obtenir les financements nécessaires ?
O. B. : Au-delà même du scénario, qui était déjà d’une grande tenue quand Arnaud nous l’a présenté, nous avons beaucoup travaillé sur le dossier du film. Arnaud a réalisé une série de très belles photos dans le parc, et il a aussi agrémenté son travail d’autres références picturales, qui décrivaient bien son univers. Par ailleurs, nous avions la chance que « Soir Bleu », le premier court métrage d’Arnaud, ait été pré-acheté par Roland Nguyen chez France 3. Ce dernier a tout de suite été séduit par le scénario de « A mi-chemin ». Avoir une chaîne à nos côtés dès le début a été un atout considérable. Cela nous a permis d’émarger au Cosip. Nous avons ensuite obtenu l’aide de la Région PACA, qui a été un partenaire essentiel, car Arnaud désirait absolument tourner à Aix-en-Provence, dans le parc de la Torse. Le choix de ce lieu était aussi capital en terme de production, car il bénéficiait d’ambiances à la fois très variées et cohérentes. La ville d’Aix nous a aussi beaucoup facilité le tournage. Nous avons enfin obtenu le soutien de l’Adami, ainsi que d’Alcimé, l’aide à la musique de la région Paca. Au final, le financement du film nous a pris plus d’un an.

R. M. : Le parcours est en fait assez clairement balisé en France et nous évoluons, je dois dire, dans un écosystème favorable qui est quasiment sans équivalent à l’étranger. Avoir été pré-acheté par Roland Nguyen a été d’une part un honneur, car Roland a créé l’une des plus belles cases de diffusion de court métrage à la télévision. D’autre part c’est pour nous une véritable validation artistique, car nous savons tous que Roland a su maintenir au fil des ans une ligne éditoriale exigeante grâce à son expertise incontestable en la matière. Obtenir le soutien de la région PACA et de la ville d’Aix-en-Provence a aussi été essentiel, non seulement sur le plan financier, mais plus encore sur le plan moral, car il est important de sentir que, lorsque l’on décide de tourner quelque part, cela a du sens non seulement pour nous, mais aussi pour d’autres gens qui ont un lien direct avec le lieu choisi.

Le jour bascule.

S. T. : Quelles sont les contraintes que vous avez pu rencontrer ?
O. B. : La principale contrainte a naturellement été le temps : cinq jours, pour un tournage entièrement en extérieur, c’est très bref. La moindre averse peut bouleverser le plan de travail et le moindre retard technique a un impact sur l’ensemble du tournage. On travaille perpétuellement sur le fil, la tension est grande, et cela demande un grand professionnalisme de la part de toute l’équipe. D’autant plus que le film se déroule très souvent dans des lumières changeantes – coucher de soleil, chien & loup, crépuscule – ce qui laisse peu de marge : c’était une course contre la montre quotidienne !

S. T. : Et les agréables surprises ?
O. B. : Que Laurent Lucas, le seul acteur que nous ayons sollicité pour le rôle de Samuel, accepte immédiatement le rôle ! Quelle chance pour le film ! Et plus largement, l’émotion du public devant le film achevé : on espère toujours toucher les gens, mais quand cela se produit, c’est la récompense ultime.

S. T. : Le film a été produit en 2011, quelle est sa vie actuelle, quels ont été les retours critiques et publics jusqu’ici ?
O. B. : Le film a été tourné en 2011, mais nous avons terminé la post-production début 2012. Le film a reçu de belles critiques notamment celle de Dominique Martinez dans Positif, au moment de la première parisienne, au Grand Action. Très vite, le film a connu une carrière dans des festivals internationaux, tels que le Festival des Films du Monde à Montréal, le Melbourne International Film Festival, l’International Short Film Festival d’Istanbul, les Nuits Meds en Corse, Un Festival C’est trop court à Nice… Il poursuit aujourd’hui encore son parcours, grâce à des gens comme Sophie Dulac, qui l’a projeté à l’Escurial, ou Thierry Dorangeon à Porto-Vecchio. Nous travaillons aussi à ses prochaines diffusions télévisuelles, ainsi qu’en VOD.

S. T. : La diffusion de votre court à la Cinémathèque est une très belle vitrine. En quoi selon vous cela peut être un coup de pouce sur la suite de votre carrière ?
R. M. : Une projection à la Cinémathèque française reste, avant toute chose, un grand honneur. C’est, pour nous tous, une ultime validation du travail accompli. Et puis, pour Olivier Bohler et moi-même, la Ciném’, comme on l’appelle, demeure un lieu très spécial, car c’est là que nous nous sommes rencontrés dans les années 1990, à l’occasion d’une rétrospective consacrée à Jean-Pierre Melville. Arriver aujourd’hui à y projeter les films que nous produisons, comme dans le cas du film d’Arnaud, nous donne un peu le sentiment de boucler la boucle…

A. B. : …et Bernard Payen y fait une très belle programmation.

S. T. : Quels sont vos autres projets à venir ?
O. B. : Nocturnes Productions poursuit son travail sur l’histoire du cinéma : vous pourrez voir bientôt sur France Ô le documentaire de Raphaël Millet, intitulé « Le Voyage cinématographique de Gaston Méliès à Tahiti », qui met en lumière le parcours extraordinaire du frère de Georges Méliès, également cinéaste et trop injustement méconnu. J’achève pour ma part un documentaire sur Edgar Morin et le cinéma. Notre ambition concernant la fiction est toute entière tournée vers le passage au long métrage d’Arnaud.

R. M. : A l’origine de Nocturnes Productions se trouve la passion cinéphilique qu’Olivier et moi-même partageons depuis longtemps. Ce désir de cinéma se traduit d’abord par les nombreux documentaires que nous produisons et réalisons, consacrés à l’histoire du septième art approchée le plus souvent à travers la figure d’un cinéaste qui est pour nous source d’admiration et d’inspiration : Melville, Schoendoerffer, Godard, Labarthe, Méliès, etc. Le passage à la fiction avec le film d’Arnaud Bénoliel a été, pour Olivier et moi, un pas de plus en avant dans la matérialisation de ce désir de cinéma. Nous attendons donc avec grand intérêt son scénario de long métrage. Pour nous, le désir est là, plus que jamais !

Merci à Arnaud Bénoliel, Olivier Bohler et Raphael Millet pour leur confiance.
Un merci tout particulier à Rafaëlle Berne.

Sylvain Thuret
Des jours sans nuit
Février-mai 2014.

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