Game culture

Le glossy glossaire du gameur

Dans une galaxie far away j’avais entrepris la rédaction d’un glossaire jeu vidéo pour MO5.com. Le reprendre et le mener à bien fait partie des projets de ce site. Work in progress.

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Damien Croze
Apostrophe sur le ton de la parodie les tenants de la boutique du jeu vidéo sur Twitter. Inactif depuis un bail. Me fait bien rire. Appartient à la catégorie des fake experts, qui pullule depuis quelques temps (feu VeuxJideo, mais aussi le Gorafi). Quand le faux se confond avec le vrai, tous aux abris.

Destiny

Quoi tu aimes les jeux vidéo et tu connais pas Bungie, non mais Halo quoi.
Bungie est connu pour avoir adapté le modèle Doom sur Mac avec la série Marathon, au design SF un poil plus raffiné. Et très connu pour avoir été choisi par Microsoft pour faire de leur nouveau jeu en développement, Halo, initialement prévu sur MAC, le fer de lancement de leur console Xbox. Un gros jeu, pour une grosse console, avec une grosse manette, pour les gros américains. Et il faut dire qu’au milieu de cet Halo de connerie légèrement fat et fluo (les ennemis, jamais compris leur style insupportable), se trouvent des trésors en terme de design et d’ambiance. Pour ma part j’avais surtout été marqué par les caves du début, et les bâtiments aussi imposants qu’épurés. Le mystique côtoyait le crétin et c’est précisément ça qui fonctionnait. Ca et la mitraillette dont on voyait le nombre des douilles descendre à zéro comme dans ce bon vieil Aliens. Après avoir épongé du Halo en veux tu en voilà, Bungie a laissé son FPS pour en développer un autre auprès d’Activision. Destiny, sorti il y a genre un an au moment où je vous raconte ceci, aurait été plus ou moins bien accueilli à sa sortie, la faute à un soit distant manque de contenus et d’histoire (les vrais parlent de pain de campaign). Je fusse donc rebuté à l’idée de m’adonner au nouveau jeu réussi mais pas trop d’une bande de types ayant commis la vacuité Haloesque. Et vlatipa qu’une édition améliorée (les vrais disent GOTY, contraction de Gotham City, la ville de Superman) sort et que la presse plus ou moins spécialisée s’emballe à coups de « Ils ont corrigé les défauts de la première heure ». Et puis là je me suis dit « bon la jaquette originale du loup solitaire interstellaire avec sa pétoire de l’espace qui s’infiltre en mode Ghost pour ravaler la gueule des pirates cosmiques, elle a fait son chemin dans ma tête ». J’avais raté Borderlands et l’aura mystique des vidéos que j’avais vu trainer, redoublée des accolades de Chronicart et de gens bien élevés, m’ont décidé à la prendre à pas trop trop cher. Et là mes enfants, waouw : ça faisait longtemps que je ne m’étais pas éclaté comme ça. Depuis exactement Crackdown, voire Diablo. Ce jeu est fin, ce jeu est beau. Ce jeu est addictif. Putain mais qu’est ce que c’est beau. Le design des décors et des mondes font partie de ce que j’ai vu de plus beau depuis 1985, année où j’ai probablement tâté mon premier jeu. Le goût prononcé de Bungie pour la SF s’étale au grand jour. On retrouve les motifs présents dans Halo, comme l’AI qui vous sert de compagnon, et les aliens me semblent moins ridicules à dégommer. Mais la grande réussite, c’est d’avoir mélangé la recherche d’équipements plus poussés à la Diablo (les vrais disent le loot, comme dans « T’es belle ma looloot »), la présence de mages et démons démoniaques hérités de Doom/ Hérétic et la SF façon Mass Effect en terme de design architectural et de costumes. Je me fais un fix de 3 heures le week-end, je décroche. Et le week-end suivant, ce sont les retrouvailles. Les armes, les costumes, les décors sublimes, la nervosité et la fluidité de l’action (si vous perdez c’est que vous êtes mauvais, ou que le Crota là il me fait iech à m’envoyer ad patres, car tout répond au quart de tour et il est difficile de blamer l’interface et maniabilité du titre) : Bungie me donne le meilleur de Diablo, Doom, Mass Effect et Halo dans le même package, le tout avec des sessions de jeu pouvant être bouclées en 30 minutes si bobonne me presse de faire le ménage (le temps moyen pour réussir une mission du début du jeu). Descendre du mage surpuissant à coup de rocket launcher du turfu devait faire parti de mes fantasmes latents : je ne m’en lasse pas. Alors oui effectivement les mondes sont effectivement très grands pour ce qui s’y passe (des escarmouches en mode respawn, quelques trésors à trouver, mais pas grand chose de plus, peut être qu’Activision compte remplir ce bac à sable de plus belle  à l’avenir ?), mais ce qui semble manquer en terme de contenu est rattrapé par la beauté des décors et l’ingéniosité architecturale (on ne croise pas deux fois les mêmes couloirs d’une planète à l’autre) qui, et c’est un tout de force, FONT l’histoire et l’intérêt, bref la mystique du titre. Profiter des décors de Destiny, c’est comme si vous voyez enfin avec vos yeux de gamer ce dont parle Roy à la fin de Blade Runner : c’est magnifique et évoluer dans cet environnement pour y buter du streum est un privilège. Quelques semaines avant je jouais rapidement à Battlefront et si la partie vaisseaux m’a bien plu et que la technique est impeccable, il est très très clair que Destiny renvoie Dark Vador ravaler son sabre. Destiny, c’est un peu Avalon en vrai. Le fait d’y croiser d’autres joueurs, un peu comme dans Journey ou Demon’s Souls, laisse entrevoir un avenir assez proche où chacun restera cloué sur le canapé, la tête vissée sur son casque, pour vivre ensemble de sidérantes aventures numériques.

– G –


Game Hunting
C’est un fait assez triste : la fenêtre de commercialisation d’un titre est relativement courte, en moyenne de 6 mois à 1 an. Plus pour certains titres portant la signature de Nintendo ou Sony, recyclés en édition « Best seller ». Se constituer une ludothèque digne de ce nom de nos jours devient un challenge intéressant, y compris pour des jeux récents. Ainsi la chasse aux jeux est un sport qui s’est affirmé, en réponse à la masse d’informations consacrée aux anciens titres et à l’histoire du jeu vidéo sur le web. L’initiative (mais aussi l’espoir du gain et de la célébrité geek) ont poussé certains à recenser les qualités de titres passés sous le radar de leur époque, faute de marketing, de localisation ou d’esprits suffisamment matures. Sans oublier les titres faits à la maison (homebrew), les reproductions et j’en passe.

Il existe plusieurs types de chasseurs collectionneurs :

Le completist s’amuse à rassembler les full set d’une console ou d’un ordinateur, c’est à dire l’ensemble des titres officiellement produits pendant la durée d’exploitation d’un système. Là où l’exercice devient particulièrement tricky, c’est lorsque le completist va jusqu’à collecter, au choix : les jeux qui ne sont pas sortis dans son pays de résidence ; les différentes éditions d’un même titre ; les versions presse, les titres sortis après la « mort » du système, dont les titres homebrew évoqués plus haut.

Celui qui achète ce qui n’est pas cher par rapport au prix du neuf, en se disant qu’il fait une bonne affaire. Il court les soldes, les brocantes en se disant « ah ah je suis trop fort ». L’idée qu’il se fait de la « remise » est assez cocasse, sans parler de son rapport au contenu même de ce qu’il achète et du caractère inexistant de ses choix.

Il y a le cramé des éditions « collector ». Les éditions que l’on nomme aujourd’hui collector étaient peu ou prou ce que l’on vendait autrefois sur ordinateurs : une grosse boîte cartonnée avec un visuel recherché, une notice épaisse de 400 pages racontant les méandres fictionnels de l’aventure proposée et deux trois bricoles sensées nous impliquer dans l’univers, comme une mini bande dessinée, des bibelots magiques en plastique, ou bien un papelard de codes anti piratage. Les boites d’antan ayant disparu au début des années 2000 au profit de casiers DVD aussi fins qu’impersonnels, cela a généralisé le retour de packaging volumineux… pour le marché console.  Pour avoir la même chose que ce que l’on avait hier, ou un peu plus, il faut payer le double. Et vivre dans un château pour stocker toutes ces merdes.

Il y a le collectionneur de raretés, en recherche des titres les plus rares au monde, ou les plus chers, ce qui va en général de pair.
#MetalSlug #UnJourViendra #TirageLoto

Il y a le collectionneur de grands jeux. Que les titres coûtent 5 euros ou la gourmette de mamie, il s’en fout un peu. Il voit ce qu’il peut se permettre. Il ne cherche pas à tout avoir, mais à voir et avoir ce qui lui plait et lui semble pertinent par système.

Il y a le collectionneur thématique. J’en ai croisé un l’autre jour sur Facebook qui se disait intéressé par tous les titres ayant un rapport avec le rock. Pour d’autres c’est le football, ou le flipper.

Il y a le collectionneur de titres produits par un studio spécifique, vouant à ces derniers un amour sans faille en reconnaissance de leur unique patte artisanale.

Il y a aussi le collectionneur déviant, qui s’amuse à collecter les jeux les plus pourris jamais sortis. Les nanards en quelque sorte : pochettes criardes, budget microscopique, sorties confidentielles, gameplay concocté par des handicapés, fautes de frappes sur la jaquette, catastrophes culturelles (comme les Chtis ou Johnny sur la Wii). Des trucs comme l’AVGN ont permis au « mauvais goût » de s’exprimer… et engendré cette espèce de pervers masochistes.

Il y a le fan d’une licence, qui va collectionner tout ce qui se rapproche peu ou prou à une marque, et pas seulement le jeu mais aussi les objets dérivés qui en découlent. Les accros Nintendo figurent parmi les plus hardcore de cette catégorie, leur attachement forcené étant aussi mignon qu’assez effrayant. Bien souvent le geek consomme plus qu’il ne réfléchit. Ce qui débouche sur les collectionneurs de trucs moyens pensés pour les Kévins.

Il y a bien sûr le collectionneur de machines / systèmes / consoles / ordinateurs. Attaché à la façon dont une marque a posé son hardware, son style, son ergonomie et ce que cet équipement dit de son époque en terme technologie et d’esthétique.

Voici les commandements du chasseur gamer :

– Connaître ses priorités.
– Attendre que Madame / Monsieur soit couché(e) pour aller sur Le Bon Coin. Moins il/elle en sait, mieux c’est.
– Le titre introuvable de demain est celui disponible aujourd’hui « au meilleur prix » avant qu’il ne disparaisse des étals. Savoir exactement quand et sur quel titre intervenir demande un flair particulier. Qui ne fonctionne pas toujours, comme pour ce Rule of Rose bradé 6 euros en neuf et dont la valeur actuelle est 10 fois supérieures.
– Toujours être à l’affût. En étant sur des forums où se discutent notamment les bonnes affaires, comme ceux de Gamekult par exemple, moins actif ces temps-ci mais qui m’a permis et de trouver des perles à l’occasion des soldes. Sachez par exemple que lorsqu’un jeu se vend mal, son prix chute, de plus en plus rapidement, souvent de moitié. Et il arrive que cela n’ait pas grand chose à voir avec leur qualité et attraits propres. Exemple récent : Mad Max. Certains disent qu’il est ultra répétitif, d’autres crient au génie atmosphérique. Le titre est passé de 60 euros à 33 euros en moins d’un mois de commercialisation. Attention, il est également possible qu’une baisse de prix annonce la sortie d’une édition remastérisée ou enrichie, comme c’est le cas en ce moment pour Dishonored GOTY bradé 13 euros sur Auchan.fr et Dragon Age Inquisition, idem.

Les lieux où chasser :

En grandes surfaces : quand elles bradent, elles ne font pas dans la dentelle. N’oubliez pas que la ménagère y achète, de guerre terriblement lasse, de la licence pour kids entre les céréales et la bidoche, donc il y a moyen de tomber sur des titres en béton à des prix impossibles ailleurs. Chez Auchan les prix sont bradés sur certains titres, les jeux et accessoires Nintendo peuvent être moins chers. Carrefour a récemment passé Zelda à 30 euros et Pikmin3 à 20 pendant une courte période. En magasin spécialisé Micromania fait des promotions qui leurs sont propres, en ligne mais surtout en boutique. Les jeux ne sont pas toujours vendus dans leur emballage donc vérifiez la présence du manuel ainsi que l’état du support.

Dans les Fnac, pendant les soldes ou au mitan d’un passage entre deux générations de hardware : en ce moment les jeux Xbox/PS3 circa 2009-201X sont bradés à partir de 5 euros, idéal pour rattraper à pas cher les titres que l’on a raté au moment de leur sortie. Beaucoup de volume. La DS a aussi droit à un balayage sur certains titres datant des début de la console. Peu de volume mais des surprises régulièrement.

En ligne bien sûr, sur les sites des enseignes marchandes évoquées, mais aussi Amazon qui peut proposer des choses assez étonnantes, comme récemment de bons titres PSP neufs à des prix corrects. Sur Rush on game qui propose certains titres durs à trouver issus de générations précédentes en neuf à des prix très corrects.

Sur Le Bon Coin où je trouve beaucoup de choses à des prix raisonnables, avec parfois de bonnes surprises. En effet, trouver un titre recherché en bon état à prix correct dans son quartier possède de nombreux avantages, en terme de gain de temps mais aussi l’échange humain bien réel.

Dans les cash converters. Malgré l’état hasardeux des titres et une fréquentation à l’hygiène douteuse, on peut y trouver des choses vraiment pas cher. Demandez à vérifier l’état avant achat.

Les classes représentées à la Fnac Saint Lazare n’étant sensiblement pas les mêmes qu’au Carrefour de Sartrouville, il est possible de trouver certaines pépites au coeur de zones moins favorisées. A moins de se voiler la face, c’est aussi là que vous ferez de bonnes affaires.

Egalement quand une console se meurt ou qu’elle passe de mode au profit d’une nouvelle, c’est là qu’il faut taper comme la foudre au coeur de l’orage. Ce qui était vrai pour la PSP et la Xbox il y a encore un an (des titres forts et propriétaires à prix ridicules) est en train de changer. En ce moment c’est la PS3 et Xbox 360 qui bénéficie d’une fin de vie particulièrement propices aux game hunters et aux retardataires. On remarque également que la crise, cumulée à une présence tri-partite et une concurrence féroce, participe au fait que les nouveautés de toute dernière génération ne sont pas chères du tout. A moins de les acheter aux prix fort le premier jour de leur commercialisation, de nombreux titres sont souvent proposés entre 20 et 30 euros moins d’un an après leur sortie.

– M –


MO5.com

L’organisme qui collectionne et classe pour le bien public, tout ce qui se fait en matière de jeu vidéo et d’informatique. Emmenés par Philippe Dubois et avec l’adoubement de l’Histoire, qui doit se répéter, les membres de l’association sont en quête d’une cinémathèque du jeu vidéo. Un lieu unique, capable de fédérer les générations, les journalistes, les professionnels de l’industrie numérique, les passionnés, les professeurs et étudiants, pour servir de catalyseur culturel de l’avenir numérique Français. Un joyau regardé et suivi par le monde entier. Un Game Story permanent, auquel j’ai eu le plaisir de participer, en écoulant le stock de Pix’N Love d’une part, mais surtout en observant, en prise directe, le formidable levier trans-générationnel de cette culture. Ce que j’ai vu à Game Story, c’est le flipper de Joelle Mazard passer le relais à Mario Bros, avec de la joie et de la nostalgie dans les yeux. Et la volonté de passer quelque chose. De faire comprendre aux plus jeunes d’où l’on vient techniquement, ludiquement, culturellement. Allez expliquer ça à nos dirigeants.

– S –


Shmup
Autrefois nommés Shoot them up (tirez leur dessus !) les enfants de Space Invaders ne manquent pas d’adresse au tir. Premiers de la classe dans les années 80 et 90, ils sont passés cancres d’une ère soit disant révolue au cours des années 2000, ayant vu la montée de l’omnipotente 3D. Le shmup se traduit généralement par un petit appareil spatial (voire un être humain) en lutte contre des myriades d’adversaires excités de la gachette. Le shmup est soit vue de dessus, soit en vue latéral. On parle de shmup vertical ou horizontal. Il parait qu’au Japon on parle de Shooting games, voire de STG. Quand on me dit Shmups, je repense à Cybernoid, Sidewinder, Silkworm, Blood Money, et un jeu sur Amstrad CPC dont je n’arrive pas à retrouver le nom, qui ont occupé les après midide mes 8 ans.  Aujourd’hui je les recherche tous, du shmup à 5 euros sur PS2 au Radiant Silvergun à prix déraisonnable. Je suis nul à ces jeux mais j’éprouve une excitation de gosse à leur évocation. Quand on me parle de shmups, je suis à nouveau ce petit garçon de 8 ans qui part sauver la galaxie à bord de son X-Wing.

Super Scaler

Un « Super Scaler » est un jeu utilisant la technologie du même nom. Développée par Sega au début des années 80, le Super Scaling tend à simuler un effet 3D en utilisant des sprites capables de grossir ou de rétrécir à volonté. Si les Super Scaler les plus connus sont After »j’adapteTop Gun en loucedé »burner, Outrun et Space Harrier, le premier titre mythique à avoir intronisé cette technologie serait Hang On. Les Super Scalers sont en général des shmups, des jeux de course, ou bien des jeux de tir, comme Alien 3 : The Gun, sorti un peu plus tard. Parmi les autres réussites du genre, il y a mon chouchou Galaxy Force 2, qui se présente comme un Afterburner dans l’espace. Un titre qui dans sa version 3DS, impressionne : en s’appuyant sur les capacités 3D de la machine, le titre convoque old tech et new tech pour un effet 3D absolument magique. Ca va vite, c’est coloré et ça décoiffe immédiatement. On compte également Powerdrift, et Thunder « J’adapte Blue Thunder en loucedé » blade, aujourd’hui quelque peu oubliés, au rang des titres ayant utilisé ce procédé. Des succès qui ont donné des idées aux autres game companies, avec notamment Chase « j’adapte Miami Vice en loucedé » HQ de Taito et ses deux suites SCI et Super Chase: Criminal Termination, mais aussi Operation « c’était bon ça bordel » Thunderbolt de Taito. Ici on peut lire que cette technique a été utilisée sur des jeux Neo Geo comme Samurai Shodown 2, afin d’émuler un effet de zoom saisissant lors des combats. La semaine dernière, j’ai probablement découvert le titre le plus timbré de cette catégorie, Cool Riders, un mix over the top de Road Rash, OutRun et Chase HQ. J’aime bien Chase HQ.

Synecdoche, New York
Recréer la vie même à côté de la vie. Et jouer la phocotopie de sa propre vie. C’était globalement le sujet du film de Charlie Kaufman. Ces thèmes me viennent naturellement à l’esprit devant le travail gargantuesque de reproduction géographique et architecturale qui s’étoffe au fur et à mesure des différents GTA. L’utilité des lieux. Leurs fonctions. La ballade et la mise en place d’un simili libre arbitre. En fait ce qu’il y a de plus rebelle dans le titre de Rockstar, ce n’est pas de descendre des polygones à la pelle. Le plus culotté, depuis 2002, c’est de dire merde à la trame principale, pour voir et tester les limites de ce pétaouchnoque, dont la pacotille révèle un nombre de détails impressionnant. Et d’aller si je veux écouter Night moves dans un lieu dont la première fonction est simplement d’exister. D’être là. Et puis ce synthé existentiel qui démarre quand tu voles au dessus des cimes entre deux massacres inutiles… Pousser jusqu’en 2013 un attachement aussi persistent aux film de Mann, c’est mignon quand même.

– U –


Underrated

Sous-évalué. C’est la traduction la plus littérale que j’ai trouvé pour vous parler de ce type de jeux, voire de cette tendance. Les underrated games sont ces jeux qui n’ont fait aucun remous, critique et/ou public à leur sortie, voire qui ne sont tout simplement pas sortis sur notre territoire, et dont la cote se voit réévaluée par de preux chevaliers du web, mais aussi des éditeurs et des professeurs d’histoire du jeu vidéo passionnés d’archéologie. La première fois que j’ai découvert ce terme en 2009, c’était par le biais d’une série de vidéos Youtube diffusée par un certain Teh2Dgamer. Il auscultait – et ausculte toujours – les fonds de tiroir de la logithèque PS2 pour en tirer des titres oubliés, sous notés et mal aimés. Et c’est à partir de là que j’ai découvert des titres forts, voire phénoménaux, comme Nier ou Enslaved sur la précédente génération. Mal perçus, possédant quelques défauts assez costauds et ne bénéficiant pas d’un gros budget marketing, ils étaient passés à l’as. Et pourtant ils contiennent des visions et des idées vues dans très peu de titres. Parce que l’underrated game d’aujourd’hui est le chef d’oeuvre inaccessible de demain, il est aujourd’hui au coeur des motivations des collectionneurs et autres game hunters. On se retrouve là dans des logiques similaires à ceux que l’on peut trouver dans les rapports entre la critique d’art, les fans et le temps qui passe, défaisant les uns et rehaussant les autres.